La fin de l'EGAM d'Orly

J'étais matelot à l’EGAM d’Orly entre 1938 et 1940

J’ai vécu les deux dernières années de la base d’Orly puis repli à Rochefort.

Voici mon identité :Matelot Télégraphiste ( Breveté d’office étant à l’incorporation commis des P55) matricule 2463C38, incorporé à Cherbourg le 1 septembre 1938 puis muté à Orly vers le 10 octobre 1938 quelques jours avant le décès du Cdt VERRES. Affecté au central qui se trouvait à la fenêtre du premier étage juste sous l’horloge.J’ai été à même de connaître tous les Services, Officiers et Officiers-Mariniers de la base.Nous avons, (les télégraphistes), participé activement au bon fonctionnement de la base.

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Personnellement le 3 juin 1940 à 13H15 c’est moi, sur l’ordre du Capitaine de Vaisseau Bonnot qui se trouvait derrière moi, qui ai actionné la sirène d’alarme. La DAT nous annonçait environ 200 bombardiers se dirigeant vers nous. Avec le Commandant nous sommes descendus à l’abri souterrain où nombre d’Officiers arrivaient en même temps que les bombes commençaient à pleuvoir. La DCA, des 90 marine, tirait rageusement ; quand nous sommes remontés, le centre militaire, le centre radio étaient écroulés et d’un bloc sortait le bras de l’ingénieur Cochin. A la DCA un matelot nommé EVIN, de ce service était allongé mort près de la bordure du trottoir . Nous avons eu à déplorer la perte du LV LEROUX et plusieurs matelots dont le Sans Spécialité LOMACHE qui était de garde aux essences. Le terrain était labouré, cependant quelques jours plus tard le Jules Verne atterrissait ( un miracle).

Les télégraphistes le QM ROGER et le matelot VALLERY étaient restés à leurs postes malgré l’intensité du bombardement et la voiture du Commandant qui brûlait sur le trottoir juste au dessous, le QM ANDRAULT dans le centre radio était gravement blessé.


LA FIN DE L’EGAM d’ORLY

A partir du 3 juin 1940 l’étendue des destructions rendait tout travail sérieux impossible . Il fallu dégager les morts et envisager alors le repli sur Rochefort où le Capitaine de Frégate se trouvait déjà dans un veil arsenal. Vers le 12 ou 13 juin l’évacuation était décidé ( les allemands approchaient et Paris fut occupé le 14.

Le 17 juin, toute affaire cessante on nous fit écouter l’allocution du Maréchal PETAIN. Le 22 juin vers 16 heures nous subissons un bombardement par deux escadrilles de Dorniers 17 suivi d’un mitraillage. L’amiral LARTIGUE, chef de l’aéronavale fut tué alors qu’il essayait de décoller. A 18H30 l’armistice était signée à RETHONDES et à 20 H l’arsenal était investi. Pendant plusieurs jours nous sommes restés là puis un soir nous fûmes obligés de nous rendre à l’école des mécaniciens de l’Air. Il n’était donc plus question de l’EGAM. Dans cette immense école il y avait plusieurs milliers de prisonniers de tous grades, toutes armes et toutes couleurs. Il y avait surtout le Personnel du Ministère de la Marine et au bout de quelques semaines l’Amiral devenu Ministre de la Marine à Vichy réclama son ministère. Les allemands ne firent pas de tri , expédièrent presque tout le monde en zone neutre sauf environ 200 pour effectuer les corvées ( j’étais de ceux-là) et nous fûmes parqués dans l’école des mécaniciens de l’aéronavale. Puis un jour grâce à mon ancien LV BONNET, une cinquantaine furent libérés ( j’étais de ceux-là).
MARTIN Ernest

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